30e Lettres d'Automne

Du 10 au 29 novembre 2020

Léonora Miano, invitée d’honneur

 Voir le programme du chapitre #1 – Léonora Miano

Léonora Miano invitée d'honneur festival littéraire Lettres d'Automne 2020 Montauban (82©JF-PAGA)

Léonora Miano est née à Douala, au Cameroun, où elle passe son enfance et son adolescence, avant de s’installer en France, en 1991. Elle vit actuellement au Togo. L’œuvre romanesque de Léonora Miano est travaillée par des thématiques liées aux expériences subsahariennes et afrodescendantes.
Elle a obtenu de nombreux prix, parmi lesquels le Goncourt des lycéens en 2006 pour Contours du jour qui vient, le Prix Seligmann 2012 (Prix consacré à la lutte contre le racisme, l’injustice, l’intolérance) pour Écrits pour la parole, ainsi que le Prix Femina qui lui est décerné en 2013 pour son roman La Saison de l’ombre (Grasset). Pour l’ensemble de son œuvre, Léonora Miano est lauréate du grand prix littéraire de l’Afrique noire en 2011.

— Retrouvez la présentation de Léonora Miano sur le site des éditions Grasset et sur le site de l’Arche éditeur.

Bibliographie (extraits)

Afropea : Utopie post-occidentale et post-raciste, essai, Grasset, 2020
Ce qu’il faut dire, L’Arche, 2019
Rouge impératrice, roman, Grasset, 2019
Crépuscule du tourment 2 : Héritage, roman, Grasset, 2017
L’impératif transgressif, L’Arche, 2016
Crépuscule du tourment, roman, Grasset, 2016
Red in Blue trilogie, théâtre, L’Arche, 2015
La Saison de l’ombre,
roman, Grasset, 2013
Habiter la frontière, conférences, L’Arche, 2012
Écrits pour la parole, théâtre, L’Arche, 2012
Ces âmes chagrines, roman, Plon, 2011
Blues pour Elise, roman, Plon, 2010
Les aubes écarlates, « Sankofa cry », roman, Plon, 2009
Soulfood équatoriale, nouvelles, Nil, 2009
Tels des astres éteints, roman, Plon, 2008
Afropean soul, nouvelles, Flammarion, 2008
Contours du jour qui vient, roman, Plon, 2006
L’intérieur de la nuit, roman, Plon, 2005

Prix littéraires

2013 : Prix Fémina et grand prix du roman métis pour La Saison de l’ombre
2012 : Prix Seligmann contre le racisme pour Écrits pour la parole
2011 : Grand prix littéraire d’Afrique noire pour l’ensemble de son oeuvre
2010 : Trophée des arts afro-caribéens pour Les aubes écarlates
2009 : Prix Eugénie Brazier (coup de coeur) pour Soulfood équatoriale
2006, 2007 : Prix Goncourt des lycéens et prix de l’Excellence camerounaise pour Contours du jour qui vient
2006, 2008 : Prix Louis Guilloux, prix René Fallet, prix Montalembert du premier roman de femme et prix Grinzane Cavour pour L’intérieur de la nuit

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Le mot de Léonora Miano

Pour certains, l’automne est un temps de mélancolie. Les jours raccourcissent, leur lumière se fait pâle. Le vent emporte les feuilles jaunies dans une ultime valse et les jette sur les trottoirs désolés. Tel est l’automne pour ceux qui n’ont pas la chance de partager notre secret. Pour nous qui savons que, depuis 30 ans, un festival se tient en terre occitane afin de célébrer la littérature, l’automne est une fête, la promesse de rencontres fécondes, de découvertes lumineuses. Et comme il nous tarde de nous voir !
Cette année, j’ai l’immense honneur de fêter avec vous les 30 ans de Lettres d’automne. À cette occasion, je vous proposerai quelques-uns de mes coups de cœur, ma poésie et, aussi, les oeuvres d’artistes qui m’accompagnent depuis toujours. J’aurai aussi le plaisir de rencontrer des lycéens. Fréquenter la jeunesse, entrer en conversation avec l’avenir, est le meilleur moyen de raviver l’éclat des jours raccourcis. Un grand merci à l’équipe du festival qui me fait ce beau cadeau. Il faut bien du travail pour nous offrir tous les ans cette célébration du langage et de la pensée, ce désir de l’autre, cette curiosité du monde.
Joyeux anniversaire, Lettres d’automne, pour vos 30 ans !
Je vous souhaite de bien belles années à venir.
Léonora Miano

à lire

Couverture d'Afropea, publié chez Grasset et écrit par Léonora Miano, invitée d'honneur du festival Lettres d'automne 2020 - Montauban

Lire un extrait
Léonora Miano n’est pas une Afropéenne (afro-européenne). Ceux qui se définissent ainsi ont grandi en Europe.
Marquée par l’Afrique subsaharienne, la sensibilité de l’auteur se distingue de celle des Afropéens. Ceux-ci se sont construits en situation de minorité. Ce qui détermine la perception de soi, complique l’identification et la solidarité entre Afropéens et Subsahariens.
La France identifie à l’Afrique tous ses citoyens d’ascendance subsaharienne, privilégiant les natifs de ce continent. Cela ne favorise pas l’ancrage des Afropéens dans leur pays, leur capacité à se sentir responsables de son destin.
Pourtant, ceux qui se sont donné un nom – Afropéens – dans lequel Afrique et Europe fusionnent, s’ils sont fidèles aux implications de cette association plus qu’à leur amertume, peuvent incarner un projet de société fraternel, anti-impérialiste et anti-raciste. Dans une France en proie aux crispations identitaires, la perspective afropéenne apparaît encore comme une utopie. De part et d’autre, la tentation du rejet est puissante.
(Grasset, 2020)

 


Lire un extrait
Ce qu’il faut dire est une invitation à habiter ses spiritualités. Dans un monde où les nominations sont enjeux de domination, Léonora Miano invite à prendre ses responsabilités et ses distances quant aux assignations, véhiculées par la langue et les grands récits nationaux. Sa parole, d’une puissance poétique incisive, exhorte à la reconquête des mémoires pour Être Tout simplement Soi. Requiem pour une vieille Europe des privilèges, ces trois chants sont à lire à voix haute, comme un hymne à la connaissance de soi.
(L’Arche, 2019)

 

La saison de l'ombre - Léonora Miano

Lire un extrait
Nous sommes en Afrique sub-saharienne, quelque part à l’intérieur des terres, dans le clan Mulungo. Les fils aînés ont disparu, leurs mères sont regroupées à l’écart. Quel malheur vient de s’abattre sur le village ? Où sont les garçons ? Au cours d’une quête initiatique et périlleuse, les émissaires du clan, le chef Mukano, et trois mères courageuses, vont comprendre que leurs voisins, les BWele, les ont  capturés et vendus aux étrangers venus du Nord par les eaux.
(Grasset, 2013)
[Prix Fémina 2013]

 

Contours du jour qui vient - Léonora Miano

Après la guerre qui a ravagé le Mboasu, cet état imaginaire et ô combien réel d’Afrique, le pays est exsangue. Les parents, incapables de prendre soin de leurs enfants, les chassent loin de chez eux, les accusant d’être la cause de leurs malheurs. Décidée à retrouver sa mère, la jeune Musango traverse un pays frappé de folie. Des rivages du fleuve Tubé aux bas-fonds de Sombé, métropole d’Afrique en proie à l’anarchie, Musango retrouvera-t-elle cette mère, symbole d’une Afrique à la dérive ? Sa rencontre avec le petit Mbalè, marquera-t-elle les prémices d’un jour nouveau pour tout un continent ?
(Plon, 2006)
[Prix Goncourt des lycéens 2006]