Eric Faye | Confluences

Ecrivain

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Falsimagne Julien

Éric Faye publie sa première fiction, Le Général Solitude, une nouvelle, dans la revue Le Serpent à Plumes en 1992. Trois ans plus tard, il développe cette nouvelle en un premier roman homonyme. Ses deux premiers livres, parus en 1991, sont un essai sur Ismail Kadaré et un recueil d’entretiens avec cet écrivain, réalisés à Tirana puis en France. En 1998, son recueil de nouvelles fantastiques Je suis le gardien du phare obtient le prix des Deux Magots. Suit un essai, Dans les laboratoires du pire, consacré aux contre-utopies dans la littérature du XXe siècle, d’Orwell à Aldous Huxley et Ray Bradbury. Dans un autre essai, Le Sanatorium des malades du temps, il étudie le rapport entre certains personnages de romans du XXe siècle (chez Thomas Mann, Dino Buzzati, Julien Gracq, Kobo Abe) et le temps. Son deuxième roman, Parij, publié en 1997, est une uchronie située dans un Paris partagé en une zone occidentalisée et une zone communiste, en imaginant qu’en 1945, les Allemands, remportant la bataille des Ardennes, avaient retardé la progression des Américains et que la partie de l’Europe sous tutelle soviétique devint par conséquent nettement plus étendue qu’elle ne le fut dans la réalité.

Son oeuvre, publiée par la maison d’éditions José Corti et aux éditions Stock, se partage entre des nouvelles, le plus souvent à caractère absurde ou teintées de fantastique, des romans (dont le roman d’anticipation Croisière en mer des pluies, en 1999 – prix Unesco-Françoise-Gallimard), des essais et des récits, parmi lesquels Mes trains de nuit, puisés dans des voyages à travers l’Asie et l’Europe de 1982 à 2005. Il publie en 2009, Nous aurons toujours Paris, dans lequel, en suivant le fil rouge du merveilleux depuis l’enfance, il évoque ses rencontres avec des écrivains (Ismail Kadaré, Julien Gracq). En 2010, il se rend avec l’écrivain Christian Garcin en Iakoutie, descend la Léna jusqu’à son embouchure dans l’océan Arctique. Ils en tirent un récit, En descendant les fleuves – Carnets de l’Extrême-Orient russe. Depuis 2005, son oeuvre s’oriente vers la littérature de voyage, en alternance avec des textes de fiction et des récits. Il participe à l’été 2012 à un voyage d’écrivains sur l’Ienisseï en Sibérie centrale, jusqu’à la zone d’accès restreint de Norilsk. En 2016 et 2017, deux voyages au Tibet et dans des provinces avoisinantes de Chine le conduisent sur les traces d’Alexandra David-Neel, ce dont il tire un récit, Dans les pas d’Alexandra David-Néel, coécrit avec Christian Garcin.

Éric Faye a dirigé un numéro sur Kafka (Autrement, 1996) et pris part à l’édition des oeuvres d’Ismail Kadaré aux éditions Fayard. Il a participé à la rédaction des Mémoires de Jusuf Vrioni, Mondes effacés. Souvenirs d’un Européen, parus chez Jean-Claude Lattès. Il a également signé les préfaces d’oeuvres d’Ismail Kadaré aux éditions Fayard, ainsi que du roman Fils d’homme, de Augusto Roa Bastos, ou encore de livres de Dominique Fabre (Le Perron) et Xavier Hanotte (La Nuit d’Ors) ). Le 28 octobre 2010, il reçoit pour Nagasaki le grand prix du roman de l’Académie française . Ce roman a été traduit par la suite dans une vingtaine de langues. En 2012, Éric Faye est lauréat de la Villa Kujoyama à Kyôto, période dont il tire un journal, Malgré Fukushima.

Bibliographie

Dans les pas d’Alexandra David-Néel, éd. Stock, 2018
Éclipses japonaises, éd. Le Seuil, 2016
Il faut tenter de vivre, éd. Stock, 2015
Une si lente absence, avec Xavier Voirol, éd. Le Bec en l’air, 2014
Malgré Fukushima, journal, éd. Corti, 2014
Somnambule dans Istanbul, éd. Stock, 2013
Devenir immortel, et puis mourir, éd. Corti, 2012
En descendant les fleuves – Carnets de l’Extrême-Orient russe, avec Christian Garcin, éd. Stock, 2011
Nagasaki, éd. Stock, 2010 (Grand prix du roman de l’Académie française)
Quelques nouvelles de l’homme, ill. Laurent Dierick, éd. Corti, 2009
Nous aurons toujours Paris, éd. Stock, 2009
L’Homme sans empreintes, éd. Stock, 2008 (Prix François-Billetdoux 2008)
Passager de la ligne morte, éd. Circa, 2008
Billet pour le pays doré, éd. Cadex, 2007
Le Syndicat des pauvres types, éd. Stock, 2006
Un clown s’est échappé du cirque, éd. Corti, 2005
Mes trains de nuit, éd. Stock, 2005
La Durée d’une vie sans toi, éd. Stock, 2003
Quelques nobles causes pour rébellions en panne, éd. Corti, 2002
Les Cendres de mon avenir, éd. Stock, 2001
Les Lumières fossiles et Autres Récits, éd. Corti, 2000
Croisière en mer des pluies,  éd. Stock, 1999 (Prix Unesco-Françoise Gallimard)
Je suis le gardien du phare, éd. Corti, 1997 (Prix des Deux Magots 1998)
Parij, éd. Le Serpent à plumes, 1997 (Prix du Quartier latin)
Le Sanatorium des malades du temps, éd. Corti, 1996
Le Général Solitude, éd. Le Serpent à plumes, 1995
Dans les laboratoires du pire, éd. Corti, 1993
Entretiens avec Ismail Kadaré, éd. Corti, 1991
Ismail Kadaré, Prométhée porte-feu, éd. Corti, 1991

A participé à :

  • Lettres d'automne 2018

Informations complémentaires

Invité Lettres d’Automne 2014