Lettres d'Automne

Le podcast du festival

Nouveau rendez-vous du festival littéraire de Montauban : le podcast de Lettres d’automne
Le podcast de Lettres d’automne se veut tout à la fois mise en bouche et prolongement de notre festival qui a lieu chaque année fin novembre à Montauban et en Tarn-et-Garonne. Il s’inscrit dans la lignée de ce que nous avons toujours souhaité : faire entendre la langue singulière des auteurs, questionner avec passion leurs textes, arpenter leurs univers artistiques, réfléchir et s’émouvoir ensemble.

Première saison  

La première saison se fera l’écho de l’édition 2020 de notre manifestation. Une édition exceptionnelle où Lettres d’automne aurait dû célébrer ses 30 ans en recevant trois invités d’honneur autour du thème : « À la croisée des langues, littératures françaises d’ici et d’ailleurs. »
Léonora Miano, Patrick Chamoiseau, Mathias Énard nous ouvriront leur monde au fil de quatre épisodes enregistrés à Montauban mais aussi à Lomé, Fort de France et dans le Poitou Angevin.
Entretiens sur les thèmes qui irriguent leurs œuvres, interventions de leurs invités, lecture de leurs textes par des comédiens…
Bonne écoute !

Comment ça marche ?

  Lettres d’automne, le podcast est un rendez-vous audio à écouter en tous lieux et toutes saisons.
Vous pouvez découvrir les épisodes de la première saison directement sur cette page ou si vous préférez une utilisation plus nomade, sur l’une des applications suivantes: Appel Podcast, Spotify, Deezer, Google Podcast.

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Épisode 1. A la croisée des langues,
littératures françaises d’ici et d’ailleurs

Entretiens avec Léonora Miano, Patrick Chamoiseau et Mathias Enard, par Brice Torrecillas
Lecture d’extraits de Les langues et les chants d’Hubert Haddad, par Maurice Petit
Dans ce premier épisode autour du thème « À la croisée des langues, littératures françaises d’ici et d’ailleurs » , les auteurs Léonora Miano, Patrick Chamoiseau et Mathias Énard dialoguent avec nous, la première depuis Lomé, au Togo, le deuxième depuis Fort-de-France, et le troisième depuis son Poitou natal.
Issus de continents différents mais réunis par le goût d’abolir les frontières, ils inventent tous trois des langages nouveaux et témoignent de la façon dont la littérature accueille les diversités du monde.
Cet épisode est également ponctué de lectures d’extraits, par Maurice Petit, d’un texte inédit d’Hubert Haddad, «  Les langues et les chants » , écrit spécialement à l’occasion du festival 2020.
Production de l’épisode : Confluences / Réalisation : Qude / Entretiens :  Brice Torrecillas /Lecture : texte d’Hubert Haddad (inédit) lu par Maurice Petit / Musique du générique : Alexis Kowalczewski

Épisode 2. Léonora Miano

Entretiens avec Léonora Miano, Aminata Aïdara, Sofia Aouine, Salomé Berlemont-Gilles et Gaël Octavia,
par Brice Torrecillas
Dans cet épisode, nous aurons le plaisir d’accueillir Léonora Miano dont l’œuvre prolifique explore inlassablement des thématiques liées aux expériences subsahariennes et afrodescendantes. C’est le cas dans son dernier roman, Rouge impératrice, comme dans son dernier essai, Afropea. Utopie post-occidentale et post-raciste, tous deux parus chez Grasset. Prix Goncourt des lycéens en 2006 pour Contours du jour qui vient, Prix Seligmann 2012 pour Écrits pour la parole, Prix Femina 2013 pour son roman La Saison de l’ombre, Léonora Miano a également reçu en 2011 le grand prix littéraire de l’Afrique noire pour l’ensemble de son œuvre.
Nous la retrouvons ici entourée de quatre autrices – Aminata Aïdara, Sofia Aouine, Salomé Berlemont-Gilles et Gaël Octavia – qu’elle avait souhaité convier à Lettres d’Automne. Un dialogue à cinq voix où il sera tout à la fois question de Faulkner, de Shakespeare, de Simone de Beauvoir, de jazz, d’une nouvelle maison d’éditions, de la liberté d’écrire là où l’on ne vous attend pas…
Et pour terminer nous recevons un très beau cadeau : Léonora Miano nous offre la lecture d’extraits de Passages, une série inédite d’instantanés de la vie togolaise qu’elle a saisis au printemps 2020, durant la période de confinement planétaire.
Passages, Le récit de la ville 1
de et par  Léonora Miano

Au printemps 2020, alors que la pandémie due au covid-19 paralyse la planète, Le Temps, quotidien suisse, sollicite la parole des écrivains. Invitée à écrire au sujet de cet événement dont on ne peut encore mesurer la portée, Léonora Miano compose Passages, une série de portraits, de tranches de vie témoignant de l’impact de la pandémie sur les habitants de Lomé, capitale du Togo où elle réside.
La question de la circulation s’impose très tôt, dans cette région ouest africaine connue pour son dynamisme commercial, lequel dépend évidemment de la possibilité d’aller et venir. Passages, c’est donc d’abord cela, une présentation de la manière dont la mobilité des uns et des autres est soudain contrariée.
Puis, la ville elle-même se met à parler. Il se pourrait d’ailleurs qu’elle soit la narratrice de l’ensemble. La suite de portraits s’interrompt par moments pour faire entendre les réflexions de Lomé, une description plus immédiate de cette étrange situation. Le récit de la ville se compose de trois parties. La première, qui s’intéresse au début de la pandémie, est l’objet de cette lecture.
Chacun des mouvements est introduit par des ambiances locales, bruits de la ville, appel des taxis motos, conversations, chants…
Passages, Le récit de la ville (1), a été enregistré au studio Colibri à Lomé.
Ingénieur du son : Rodrigue Bellow / Bruitages : Rodrigue Bellow / Dialogue zemidjan (conducteur de moto taxi) et dealer de Tramadol : Michael Olufade (zem), Gracia Zanklassou (dealer) /  Musiques : Akpe (chant religieux entendu après un prêche de rue)  Paroles et musiques par Isaac Dogbo, Chanté par Rodi Ade ; Edo egne ame (chanson que le zem entend dans un bar de plage)  Paroles, musique et chant par Rodi Ade, Arrangements par Rodrigue Bellow et Michael Olufade / Sossignalé (conclusion) Par Elom 20ce, album Indigo /
Écriture, lecture et autres voix : Léonora Miano
Production de l’épisode : Confluences / Réalisation : Qude / Entretiens :  Brice Torrecillas / Musique du générique : Alexis Kowalczewski
Livres cités dans cet épisode :
Afropea, Léonora Miano, Grasset, 2020
Rouge Impératrice, Léonora Miano, Grasset, 2019
La Saison de l’ombre, Léonora Miano, Grasset, 2013
Contours du jour qui vient, Léonora Miano, Plon, 2006
Je suis quelqu’un, Aminata Aïdara, Gallimard, 2018
Rhapsodie des oubliés, Sofia Aouine, La Martinière, 2019
Le Premier qui tombera, Salomé Berlemont-Gilles, Grasset, 2020
La bonne histoire de Madeleine Démétrius, Gaël Octavia, Gallimard, 2020
Le deuxième sexe, Simone de Beauvoir, Gallimard, 1949

Hors-Série. In-Tranquilles

Lecture musicalisée par Comme une compagnie d’après Ecrits pour la parole de Léonora Miano, l’Arche éditeur
Composition, chant et guitare : Ernest Barbery – Lecture : Sarah Cousy et Mary Carrément
Pourquoi, pour les femmes noires dans la France d’aujourd’hui, tout va très bien, tout sauf les relations avec la gent masculine, tout sauf les tensions sourdes avec les collègues au travail, et pourquoi ça ne marche pas et pourquoi ça ne va pas s’améliorer ?
Un musicien et deux comédiennes pour une lecture électrique du beau texte de Léonora Miano, Écrits pour la parole. Deux voix et une guitare pour déployer l’énergie émancipatrice de ces instantanés, petites histoires, bribes de réalité, pour rendre audible la parole proscrite, les cris étouffés, pour évoquer l’immigration, le machisme, les relations homme / femme avec force et humour. Parce que derrière le sourire, il y a les dents.
Parce que sous la peau se cache le muscle !
Comme Une Compagnie vous propose cette lecture musicalisée d’extraits du texte Écrits pour la parole de Léonora Miano, paru chez l’Arche éditeur. Cette lecture était initialement prévue pour la 30e édition du festival Lettres d’Automne. Il s’agit de la première étape de la création du spectacle In-tranquilles coproduit par le Théâtre du Grand Rond, le Centre Culturel Henri Desbals à Toulouse ainsi que le théâtre Le PARI à Tarbes.
Cette captation a été réalisée dans les conditions du direct mais sans public dans la salle de spectacle du Tracteur à Cintegabelle.
Création musicale : Ernest Barbery / Interprètes : Mary Carrément, Sarah Cousy, Ernest Barbery.
Avec l’aimable autorisation de L’ARCHE, éditeur & agence théâtrale. www.arche-editeur.com
Cet épisode était disponible du 3 juin au 3 juillet 2021. Pour pouvoir assister à ce spectacle, vous pouvez suivre l’actualité de Comme une compagnie.

Épisode 3. Patrick Chamoiseau

Entretiens avec Patrick Chamoiseau et Mario Canonge, par Brice Torrecillas
Lecture d’extraits de Frères Migrants (éditions du Seuil) par Maurice Petit

« À la croisée des langues, littératures françaises d’ici et d’ailleurs » , sur un tel sujet, comment ignorer l’apport essentiel de Patrick Chamoiseau ? Prix Carbet de la Caraïbe et du Tout-Monde, prix Goncourt pour Texaco, le co-auteur de L’Éloge de la créolité définit le langage comme « le désir-imaginant de toutes les langues du monde ».
Dans cet épisode, nous l’entendrons notamment évoquer les mystères de la création, et nous franchirons en sa compagnie les frontières poreuses de la littérature pour rejoindre son ami martiniquais, le pianiste de jazz, Mario Canonge.

En ouverture, nous entendrons la lecture par Maurice Petit d’un extrait du discours qu’a prononcé Patrick Chamoiseau en janvier 2020 alors qu’il inaugurait sa Chaire d’écrivain en résidence de Sciences Po. Un texte qui fait part, selon ses propres mots, « d’une formidable énigme » qu’il continue d’explorer dans son tout dernier livre paru au Seuil, Le Conteur, la nuit et le panier.
Et enfin, des extraits de son essai poétique Frères Migrants, toujours lus par Maurice Petit, viendront conclure l’épisode.

Frères migrants
Texte de Patrick Chamoiseau (éditions du Seuil, 2018)
“ La poésie n’est au service de rien, rien n’est à son service. Elle ne donne pas d’ordre et elle n’en reçoit pas. Elle ne résiste pas, elle existe — c’est ainsi qu’elle s’oppose, ou mieux : qu’elle s’appose et signale tout ce qui est contraire à la dignité, à la décence. À tout ce qui est contraire aux beautés relationnelles du vivant. Quand un inacceptable surgissait quelque part, Edouard Glissant m’appelait pour me dire : « On ne peut pas laisser passer cela ! » Il appuyait sur le « on ne peut pas ». C’était pour moi toujours étrange. Nous ne disposions d’aucun pouvoir. Nous n’étions reliés à aucune puissance. Nous n’avions que la ferveur de nos indignations. C’est pourtant sur cette fragilité, pour le moins tremblante, qu’il fondait son droit et son devoir d’intervention. Il se réclamait de cette instance où se tiennent les poètes et les beaux êtres humains. Je ne suis pas poète, mais, face à la situation faite aux migrants sur toutes les rives du monde, j’ai imaginé qu’Edouard Glissant m’avait appelé, comme m’ont appelé quelques amies très vigilantes. Cette déclaration ne saurait agir sur la barbarie des frontières et sur les crimes qui s’y commettent. Elle ne sert qu’à esquisser en nous la voie d’un autre imaginaire du monde. Ce n’est pas grand-chose. C’est juste une lueur destinée aux hygiènes de l’esprit. Peut-être, une de ces lucioles pour la moindre desquelles Pier Paolo Pasolini aurait donné sa vie.”  Patrick CHAMOISEAU
Production de l’épisode : Confluences / Réalisation : Qude / Entretiens :  Brice Torrecillas / Musiques : Mario Canonge / Lecture : « Le conteur, la nuit et le panier : extraits du discours inaugural de la Chaire d’écrivain en résidence à Sciences Po » et de « Frères Migrants » de Patrick Chamoiseau (éditions du Seuil)  lus par Maurice Petit / Extraits de « A time for love » de Bill Evans et de « Conception » de Georges Shearing par Mario Canonge / Musique du générique : Alexis Kowalczewski
Livres cités dans cet épisode :

La matière de l’absence, Patrick Chamoiseau Seuil, 2016
Frères Migrants, Patrick Chamoiseau, Seuil, 2018
Le Conteur, la nuit et le panier, Patrick Chamoiseau Seuil, 2021
Eloge de la Créolité, Jean Bernabé, Patrick Chamoiseau, Raphaël Confiant, Gallimard, 1989
Eloges, Saint-John Perse, Gallimard, 1967
Cahier d’un retour au pays natal, Aimé Césaire, éditions Présence Africaine, 2000
La Lézarde, Edouard Glissant, Seuil, 1995

Épisode 4. Mathias Enard

Entretiens avec Mathias Énard et Anne Weber, par Brice Torrecillas
Lecture d’extraits de Le banquet annuel de la confrérie des fossoyeurs (Actes Sud) et Dernière communication à la société proustienne de Barcelone : Pamirs (Inculte) par Maurice Petit et Nathalie Vidal

Pour ce quatrième et dernier épisode de la première saison du podcast de Lettres d’Automne, Mathias Énard sera notre convive. « Convive » n’étant pas un mot choisi par hasard pour l’auteur du Banquet annuel de la confrérie des fossoyeurs, son dernier roman paru chez Actes Sud. Prix du Livre Inter 2009 pour Zone, prix Goncourt des Lycéens 2010 pour Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants, prix Goncourt 2015 pour Boussole (liste non exhaustive) Mathias Énard ne se borne pas à ce travail de romancier : il est ou a été scénariste de BD, d’un roman graphique, poète, contributeur de revues culturelles, animateur radio sur France Culture, à quoi on pourrait ajouter sa passion pour l’art contemporain et pour la gastronomie – il dirige son restaurant libanais, le Karakala, situé sur les hauteurs de Barcelone. N’oublions surtout pas sa passion des langues qui irrigue toute son œuvre et l’a conduit à traduire deux ouvrages, l’un du persan, l’autre de l’arabe.
Dans cet épisode, nous avons souhaité inviter aussi à notre table Anne Weber, écrivaine et traductrice qui a la particularité de traduire elle-même ses propres ouvrages de l’allemand au français.
Les mises en bouche sont assurées par Maurice Petit et de Nathalie Vidal avec leur lecture d’un extrait de ce livre sur lequel plane l’ombre de Rabelais, Le Banquet annuel de la confrérie des fossoyeurs, notamment.
Le banquet annuel de la confrérie des fossoyeurs
Texte de Mathias Énard (éditions Actes Sud, 2020)
Pour les besoins d’une thèse sur « la vie à la campagne au XXIe siècle », l’apprenti ethnologue David Mazon a quitté Paris et pris ses quartiers dans un modeste village fictif au bord du Marais poitevin. Logé à la ferme, bientôt pourvu d’une mob propice à ses investigations, s’alimentant au Café-Épicerie-Pêche et puisant le savoir local auprès de l’aimable Maire – également fossoyeur –, le nouveau venu entame un journal de terrain, consigne petits faits vrais et mœurs autochtones, bien décidé à circonscrire et quintessencier la ruralité.
Mais déjà le Maire s’active à préparer le Banquet annuel de sa confrérie – gargantuesque ripaille de trois jours durant lesquels la Mort fait trêve pour que se régalent sans scrupule les fossoyeurs – et les lecteurs – dans une fabuleuse opulence de nourriture, de libations et de langage. Car les saveurs de la langue, sa rémanence et sa métamorphose, sont l’épicentre de ce remuement des siècles et de ce roman hors normes, aussi empli de truculence qu’il est épris de culture  populaire, riche de mémoire, fertile en fraternité.

Production de l’épisode : Confluences / Réalisation : Qude / Entretiens :  Brice Torrecillas / Lecture : Le banquet annuel de la confrérie des fossoyeurs (Actes Sud) et Dernière communication à la société proustienne de Barcelone : Pamirs (Inculte) lus par Maurice Petit et Nathalie Vidal/ Musique du générique : Alexis Kowalczewski

 

Livres cités dans cet épisode :
Le banquet annuel de la confrérie des fossoyeurs, Mathias Enard, Actes Sud, 2020
Dernière communication à la société proustienne de Barcelone, Mathias Enard, Inculte, 2016
Le grand dictionnaire de la cuisine, Alexandre Dumas
Annette, une épopée, Anne Weber, Seuil, 2020
Identité visuelle : Ingrid Larroque