René de Obaldia | Confluences

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René de Obaldia ©Richard Dumas

René de Obaldia est né le 22 octobre 1918 à Hong Kong d’un père panaméen (José Clemente de Obaldia), alors consul du Panama dans cette ancienne colonie britannique, et d’une mère française d’origine picarde (Madeleine Peuvrel). Il est l’arrière-petit fils de José Domingo de Obaldia, 2ème président de la République du Panama. Élevé en France dès son plus jeune âge après l’abandon de la famille par son père, il suit des études au lycée Condorcet.

Mobilisé en 1940, quand survient la guerre, Obaldia est fait prisonnier et envoyé dans un camp, le Stalag VIII C en Pologne (Silésie). Il est affecté à la briqueterie de Kransdyhernfurt le 26 juin 1940, puis à un commando à Auras-sur-Oder, le 6 octobre 1940 pour un nettoyage de forêt. Obaldia raconte que c’est lorsqu’il était prisonnier de guerre en 1942-1943 que lui vint l’envie d’écrire ; ne disposant d’aucun matériau, il écrivit ses premiers textes sur un sac d’engrais. Il sera rapatrié comme grand malade au Val-de-Grâce en 1944.
Après la guerre, il commence à publier sous le pseudonyme de Maurice Ygor et écrit des paroles de chansons, en particulier pour Luis Mariano. Ses premiers poèmes sont rédigés dans des cafés, endroits qu’il affectionne particulièrement. Il collabore à de nombreuses revues littéraires avant de publier, en 1952, Les Richesses naturelles, suite de « récits éclairs » qui attire sur lui l’attention de la critique. Après avoir joué les figurants Une histoire d’amour réalisé par Guy Lefranc en 1951 avec Louis Jouvet, Obaldia devient secrétaire général au Centre culturel international de Royaumont de 1952 à 1954, puis fait un court passage comme directeur littéraire aux Éditions Pierre Horay avant de publier son premier roman Tamerlan des cœurs (1956). Suivront deux récits : Fugue à Waterloo et La Passion d’Émile (1956, Grand prix de l’Humour noir) et un second roman, Le Centenaire (1960, prix Combat).

Sa carrière dramatique débute grâce à Jean Vilar, qui donne au T.N.P. Génousie, « comédie onirique », puis avec André Barsacq qui crée au Théâtre de l’Atelier Le Satyre de la Villette. Beaucoup d’autres pièces parmi lesquelles Sept Impromptus à loisir, Le Général inconnu, Monsieur Klebs et Rozalie, Du vent dans les branches de sassafras (où Michel Simon fit une rentrée fracassante), La Baby-sitter, Les Bons Bourgeois, assurent à Obaldia une audience internationale. Il est l’un des auteurs de théâtre français les plus joués sur la planète et l’un des plus internationaux (traduit en 28 langues.
Obaldia écrit des textes empreints d’humour fantastique, de fantaisie et d’imagination. Ses pièces de théâtre se déroulent dans un cadre emprunté au monde actuel et sur des sujets modernes, invitant le spectateur dans un autre monde que celui de la vie ordinaire. Dans Génousie par exemple, l’auteur remplace le langage ordinaire par le « génousien », qui est aussi le langage de la fantaisie, du rêve et de l’amour. Il joue avec la langue pour en décomposer les saveurs, à travers des jeux de mots, l’imitation des parlers les plus divers. Sans limites, il enchaîne les rapports de personnages et les situations abracadabrants, avec toujours un fond de tendresse. « La marque propre de René de Obaldia est l’humour cocasse » (T. Morimoto).
Obaldia a été élu à l’Académie française le 24 juin 1999, au fauteuil de Julien Green (22e fauteuil). Son oeuvre théâtrale est réédité dans son intégralité (huit tomes) par Grasset en 2001. Huit ans plus tard, il monte sur la scène du Petit Hebertot pour y lire quelques-uns de ses textes, investissant enfin une scène à laquelle il a voué la plus grande partie de sa vie.

De nombreux prix ont couronné sa carrière, entre autres : prix de la Critique dramatique pour Génousie (1960) ; Grand prix du disque de l’Académie Charles Cros, Éditions Ades – Textes dits par Madeleine Renaud et Michel Bouquet (1978) ; Grand prix du théâtre de l’Académie française (1985) ; Grand prix de la poésie de la SACEM pour Les Innocentines (1988) ; Grand prix de la Société des auteurs dramatiques (1989) ; Grand prix de la littérature décerné par la Ville de Paris (1991) ; Prix du Pen Club français pour l’ensemble de son oeuvre (1992) ; Molière d’honneur et Molière du meilleur auteur (1993) ; prix Marcel Proust et prix Novembre pour son livre de mémoires Exobiographie (1993). Il a reçu en 2008 le Grand Prix de Poésie Pierrette Micheloud pour l’ensemble de son œuvre.

Bibliographie

(Extrait)

Œuvres radiophoniques

  • L’Obscur Procès de monsieur Ménard, 1980
  • Grasse matinée, 1977
  • Le Banquet des méduses, 1971
  • Urbi et Orbi, 1967
  • Les Larmes de l’aveugle, 1964
  • Le Damné (Prix Italia), 1962

Œuvres littéraires

  • Exobiographie (mémoires), 1993, réédition Grasset 2011- Prix Novembre
  • Fugue à Waterloo (récit), Le Graf Zeppelin ou La passion d’Émile, 1956, réédition Grasset, 2007
  • Fantasmes de demoiselles, femmes faites ou défaites cherchant l’âme sœur, éditions Grasset, 2006 (poèmes)
  • La Jument du capitaine, éditions Le Cherche Midi, 2004 (textes)
  • Sur le ventre des veuves, éditions Grasset, 1996 (poèmes)
  • Innocentines, 1989 (poèmes)
  • Le Centenaire, 1959, réédition Grasset, 1983 (roman)
  • Urbi et orbi, 1967
  • Obaldia, Humour secret, 1966 (choix de textes)
  • Tamerlan des cœurs,1955, réédition Grasset, 1985 (roman)
  • Les Richesses naturelles, réédition Grasset, 1985 (récits-éclairs)
  • Midi, 1949 (poèmes)

Œuvres théâtrales

  • Merci d’être avec nous. Nouveaux impromptus (Merci d’être avec nous, Une page de tournée, A bâtons rompus, Les retrouvailles, L’extra-lucide), 2009
  • Les Innocentines, éditions Grasset, 1993 ; réédition, 2002
  • Obaldiableries : Rappening, Pour ses beaux yeux, Entre chienne et loup, 1999
  • Soirée Obaldia, 1996
  • Grasse matinée, Les Larmes de l’aveugle, Richesses naturelles, 1991
  • Génousie, 1960, réédition aux éditions L’Arche, éditions Grasset, 1987
  • Endives et miséricorde,1986
  • Visages d’Obaldia, 1981
  • Les Bons Bourgeois, éditions Grasset, 1980
  • Underground établissement : Le Damné et Classe Terminale, 1973
  • Petite suite poétique résolument optimiste, 1972
  • La Baby-sitter et Deux femmes pour un fantôme, éditions Grasset, 1971
  • …Et la fin était le bang, La rue Obaldia, 1968
  • Du vent dans les branches de Sassafras, éditions Grasset, 1966
  • L’Air du large, 1966
  • Le Cosmonaute agricole, éditions Grasset, 1965
  • Le Général inconnu, éditions Grasset, 1964
  • Le Satyre de la Villette, éditions Grasset, 1963
  • 7 Impromptus à loisir (L’Azote, Edouard et Agrippine, Le sacrifice du bourreau, Le Défunt, Poivre de Cayenne, Le grand vizir), éditions Grasset, 1961

Informations complémentaires

Invité Lettres d’Automne 2011