Justine Augier
Justine Augier fait ses études à Sciences Po puis s’engage rapidement dans l’humanitaire et travaille pour une ONG en Afghanistan. Elle continue à voyager et réside tantôt à Jérusalem, New-York, Beyrouth avant de revenir à Paris. Elle publie son premier roman, Son absence, en 2008 chez Stock et se fait remarquer en 2010 avec le roman En règle avec la nuit, pour lequel elle remporte le prix Fénéon 2011. En 2017, son récit littéraire De l’ardeur, Histoire de Razan Zaitouneh publié chez Actes Sud obtient le Prix Renaudot essai. Elle retrace l’histoire de Razan Zaitouneh, dissidente pacifiste syrienne enlevée en 2013, en même temps que Samira Khalil, l’épouse de Yassin al-Haj Saleh écrivain syrien et l’un des intellectuels opposants au régime Assad. Elle s’essaye également à la littérature jeunesse et à la traduction. Son dernier livre Personne morale publié en 2024 chez Actes Sud raconte l’instruction contre le cimentier Lafarge qui, le plus longtemps possible, et jusqu’en 2016, a maintenu son activité en Syrie. Le livre remporte le Prix du livre Réel 2025.
Bibliographie
• Romans et essais
Personne morale, Actes Sud, 2024
Croire : sur les pouvoirs de la littérature, Actes Sud, 2023
Par une espèce de miracle : l’exil de Yassin al-Haj Saleh, Actes Sud, 2021
De l’ardeur : histoire de Razan Zaitouneh, avocate syrienne, Actes Sud, 2017
Les Idées noires, Actes Sud, 2015
Jérusalem, Actes Sud, 2013
En règle avec la nuit, Stock, 2010
Son absence, Stock, 2008
• Romans jeunesse :
Nous sommes tout un monde, Actes Sud jeunesse, 2021
La Vie étonnante d’Ellis Spencer, Actes Sud jeunesse, 2014
• Traduction :
Avoir et se faire avoir, Eula Bliss (américain), Rivages, 2022
Prix littéraires
Prix Renaudot de l’essai 2017 – De l’ardeur : histoire de Razan Zaitouneh, avocate syrienne, Actes Sud, 2017
Prix Fénéon 2011 – En règle avec la nuit, Stock, 2010
à voir, à lire, à écouter
[Podcast] La conversation littéraire animée par Mathias Énard, France Culture, 2 novembre 2024
[Entretien] Justine Augier avec Maud Granger Remy, Déméter, 07 octobre 2024
[Vidéo] Rencontre avec Justine Augier , Comédie du livre 2023, 13 mai 2023
[Vidéo] Book Club avec Justine Augier et Lydie Salvayre France Culture 5 janvier 2023
[Biographie] Justine Augier – Actes Sud
Christophe Boltanski
Écrivain et journaliste, Christophe Boltanski a grandi à Paris dans une famille d’artistes et d’intellectuels. Il commence sa carrière au sein du journal Libération. Il y est correspondant à Jérusalem puis à Londres avant de codiriger le service étranger. Il rejoint ensuite Le Nouvel Observateur comme grand reporter et a été par la suite rédacteur en chef de la revue XXI. Il reçoit en 2010 le prestigieux Prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre pour un reportage sur une mine au Congo.
Son premier roman, La Cache, a été traduit dans une dizaine de langues, il a notamment reçu le prix Femina en 2015 et a été adapté au cinéma. D’autres romans sont depuis parus chez Stock : Le Guetteur, Les Vies de Jacob, King Kasaï et Le trait de côte en 2026.
Dans ce dernier livre, Christophe Boltanski revient sur son histoire familiale, depuis une maison normande où les traces du passé sont omniprésentes.
Bibliographie
• Romans, essais, récits, nouvelles
Le trait de côte, Stock, 2026
La fermière tuée par sa vache et autres faits divers éditions Zadig-Autrement, 2024
King Kasaï, Stock, 2023 – Prix du Roman de la nuit 2023
Les Vies de Jacob, Stock, 2021 – Prix Place ronde « Écrire la photographie » 2022
Le Guetteur, Stock, 2018
La Cache, Stock, 2015
Personnes avec Christian Boltanski, Centre Pompidou, 2019
Minerais de sang, les esclaves du monde moderne, photographies de Patrick Robert, Grasset, 2012
Prix littéraires
Prix du Roman de la nuit 2023 – King Kasaï, Stock, 2023
Prix Place ronde « Écrire la photographie » 2022 – Les Vies de Jacob, Stock, 2021
Prix Femina, Prix des prix littéraires et Prix Transfuge – La Cache, Stock, 2015
à voir, à lire, à écouter
[Article] Christophe Boltanski, archéologue d’intérieurs, Le monde des Livres, 15 février 2026
[Podcast] L’invité culture, France Info, 10 janvier 2026
[Entretien] « Le fait divers renoue avec les mythes », RetroNews, 22 novembre 2024
[Podcast] Carte blanche à Christophe Boltanski, Institut national du patrimoine, 13 février 2024
[Vidéo] Les vies de Jacob, entretien avec Anaïs Hurcet, Librairie Mollat, 2021
à lire
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Le cimentier Lafarge, fleuron de l’industrie française, est mis en cause devant les tribunaux pour avoir, dans la Syrie en guerre, maintenu coûte que coûte l’activité de son usine de Jalabiya jusqu’en septembre 2014, versant des millions de dollars à des groupes djihadistes, dont Daech, en taxes, droits de passage et rançons, exposant ses salariés syriens à la menace terroriste après avoir mis à l’abri le personnel expatrié. Justine Augier documente le travail acharné d’une poignée de jeunes femmes – avocates, juristes, stagiaires – qui veulent croire en la justice, consacrent leur intelligence et leur inventivité à rendre tangible la notion de responsabilité.
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Dans sa maison de Barfleur, le narrateur vivait sans le savoir avec des fantômes du passé. Seule une photo, prise à la veille de la Première Guerre mondiale, représentait une famille à l’air figé, marquée par le drame. Le jour où il découvre par hasard une liasse de correspondances et de poèmes non signés, commence une enquête opiniâtre, drolatique, qui, partant du trait de côte normand, nous mène dans un sanatorium de la Creuse où dansent des femmes flamboyantes promises à la mort, chez des instituteurs communistes dans le sud de la France, jusqu’aux portes de l’enfer des camps de concentration.
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Avocate, militante des droits de l’homme, figure de la dissidence syrienne, Razan Zaitouneh s’appliquait à documenter les crimes commis dans son pays par le régime mais aussi par les groupes intégristes, à recueillir la parole de ceux qui avaient survécu à la torture et à l’enfermement, quand, en décembre 2013, elle fut enlevée avec trois de ses compagnons de lutte. Depuis lors, on est sans nouvelles. «De l’ardeur» reconstitue son portrait, recompose le puzzle éclaté de la révolution en Syrie, et du crime permanent qu’est devenu ce pays.

« Nous avions peur. De tout, de rien, des autres, de nous-mêmes. De la petite comme de la grande histoire. Des honnêtes gens qui, selon les circonstances, peuvent se muer en criminels. De la réversibilité des hommes et de la vie. Du pire, car il est toujours sûr. Cette appréhension, ma famille me l’a transmise très tôt, presque à la naissance. »
Que se passe-t-il quand on tête au biberon à la fois le génie et les névroses d’une famille pas comme les autres, les Boltanski ? Que se passe-t-il quand un grand-père qui se pensait bien français, mais voilà la guerre qui arrive, doit se cacher des siens, chez lui, en plein Paris, dans un « entre-deux », comme un clandestin ? Quel est l’héritage de la peur, mais aussi de l’excentricité, du talent et de la liberté bohème ?

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Dans une époque prodigue en menaces et en sombres horizons, tandis qu’elle tourne autour d’un livre qui affirmerait la puissance du langage, Justine Augier voit son projet d’écrire sur la littérature comme lieu de l’engagement entrer en collision avec la maladie et bientôt la mort de sa mère. Le texte choisit de croire à la force des mots, à la valeur sacrée de leur sens, à leur mise en acte – aux pouvoirs de la littérature. Jusqu’à faire de chaque lecteur un résistant.
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369. C’est le nombre de Photomatons que Jacob B’rebi a pris de lui-même entre 1973 et 1974. À quoi pouvaient bien servir ces selfies d’avant l’heure qui montrent tantôt un visage troublé, tantôt un rire forcé, qui paraissent si familiers et lointains en même temps ? Sont-ils l’expression d’une coquetterie, d’un humour solitaire ou la clé d’un mystère ? L’homme s’est réinventé en de multiples personnages, l’un barbu, l’autre glabre, l’un en uniforme, l’autre en chemisette décontractée. Acteur, steward, espion ? Les détails pourraient devenir des indices – ou des trompe-l’œil. Au dos des clichés, des adresses nourrissent encore l’énigme, de Rome à Bâle, de Marseille à Barbès ; quant aux prénoms ou diminutifs, ils ressemblent à des alias.




